Mon appel du 18 juin
Courrier envoyé au préfet des Alpes maritimes suite au déjeuner organisé au Palais préfectoral
Paris, le 18 juin 2009
Monsieur Francis LAMY
Préfet des Alpes Maritimes
Préfecture des Alpes Maritimes
Route de Grenoble
06286 NICE cedex
Monsieur le Préfet,
Je tiens à vous remercier, par la présente, pour l’accueil que vous nous avez réservé au palais préfectoral le 17 juin.
Ce déjeuner partagé avec ces hommes et femmes issus de l’immigration a conforté ma foi dans la promesse républicaine, qui constitue notre aspiration commune : seul le mérite peut assurer notre « réussite ».
Je souhaite également vous faire part de mon inquiétude quant à l’évolution des quartiers sensibles de ce département et auxquels je suis attaché.
Mon parcours particulier me permet de porter un regard à la fois distancié et proche sur cette évolution.
La lente relégation sociale de ces quartiers se double aujourd’hui d’une forme de ségrégation communautaire (je mesure pleinement la gravité de ce jugement) que je ne peux que déplorer.
Les raisons de ce mouvement sont nombreuses et complexes et l’ « inertie sociologique » qui en résulte a provoqué mon départ de Nice, ainsi que celui de nombreux amis issus de l’immigration.
Néanmoins, en ces temps de recul des espaces et des temps de socialisation mais aussi de raréfaction des ressources publiques, l’action des pouvoirs publics demeure irremplaçable.
En terme d’exemplarité tout d’abord. La lutte contre les discriminations et pour la promotion de la diversité ne résultera pas du monde privé du fait de l’inertie sociologique que j’évoquais plus haut.
Il est primordial de destiner les moyens publics disponibles aux mouvements et organismes qui favorisent le vivre ensemble sans distinction religieuse, ethnique ou géographique. Cela se fera forcément au détriment des acteurs qui défendent des intérêts communautaires ou catégoriels.
Aussi, je réfute aujourd’hui toute idée de discrimination (positive ou négative), et prône un retour urgent au droit commun, seul véritable ciment de notre société et de notre République.
Vous renouvelant mes remerciements pour votre accueil, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations civiques.